Posté le 11 juin  | Édité le 12 juin
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Témoignage

      Je me nomme Myriam et je suis née le 24 mai 1994 à Otuo, dans l'état d'Edo, au Nigeria. Je suis la fille ainée de Anne et de Sebastien X. Mes parents ont eu deux enfants ensemble, mon petit frère et moi. J'ai également 23 autres demis-frères et sœurs, que mon père a eu avec ses cinq premières épouses. Nous avons tous vécu dans une concession, avec toutes ses femmes et enfants. Chacune des six épouses disposait de sa propre maison. Mon père avait lui-même une habitation, qui se trouvait au milieu de la concession. Pendant mon enfance il y avait souvent des disputes entre les différentes épouses qui nous interdisaient à nous, les enfants, de jouer ensemble.

      Ma mère est originaire d'un village situé à plusieurs heures de route de notre village. En raison de cette distance et du fait que mon père refusait que nous rencontrions la famille de ma mère, je n'ai jamais eu de contact avec ses proches. Les relations entre mes parents n'étaient pas très bonnes car ma mère avait donné naissance seulement à deux enfants et mon père lui en voulait pour cela. Lorsque nous étions petits, seuls les premiers enfants de chaque épouse avaient le droit d'aller à l'école. Étant l'aînée de la fratrie, j'ai été scolarisée à deux écoles successives, toutes les deux situées dans notre village. Quand j'ai eu mes douze ans, mon père a voulu mette fin à ma scolarité mais ma mère s'y est opposée. C'est elle-même qui a payé mes trois ans d'études au collège. J'ai donc arrêté mes études à l'âge de quinze ans car ma mère n'arrivait plus à payer les frais de scolarité. A partir de ce moment, j'ai dû rejoindre les autres membres de la famille et aller cultiver la terre avec eux. Nous cultivions tous ensemble les nombreux terrains que possédait mon père et nous y plantions du manioc, des bananes et des fruits. Nous n'étions pas riches même si mon père possédait une grande demeure. Ma famille était très connue dans la région car mon père était l'un des chefs de notre village. Il était un homme respecté, qui honorait toujours les traditions locales et notamment l'excision des petites filles. Ma mère m'a dit que huit jours après la naissance de chaque petite fille dans la famille, elle devait être excisée par une vieille dame du village. Je sais que toutes mes demi-sœurs ont subi ce même rituel. En ce qui me concerne, j'ai eu plusieurs crises de convulsions à la naissance et la vieille dame a refusé de m'exciser car je risquais de mourir pendant l'opération. Mon père a toujours été très rigide vis-à-vis des traditions. C'était notamment le cas avec le mariage. Il a marié plusieurs de ses filles avec des hommes riches, dans la perspective de toucher de meilleures dotes.

      Un jour, lorsque j'étais âgée de seize ans, il m'a demandé d'aller le voir dans sa maison. Il m'a dit que j'étais déjà adulte et qu'il était temps pour moi d'aller vivre avec un homme. Il m'a dit qu'il avait pensé à l'un de ses amis qui allait pouvoir m'épouser et prendre soin de moi. Mon père m'a dit que cet homme, que ma mère connaissait mais que je n'avais jamais vu moi-même, était âgé de 48 ans. Lors de cette rencontre, mon père m'a informé que j'allais devoir épouser son ami et que je devais me préparer à cette occasion. Il a précisé que conformément à la tradition, je devais me faire exciser avant le mariage. Quand je suis rentrée à la maison, j'ai tout raconté à ma mère. Elle a été très en colère et le lendemain matin nous sommes retournées voir mon père toutes les deux. Lors de cette visite, mes parents se sont disputés violemment. Ma mère s'est opposée à mon père pour deux raisons. Je me souviens qu'elle lui a dit qu'en tant que bonne chrétienne, elle ne pouvait pas le laisser me mutiler, en précisant que même la Bible interdisait l'excision. D'autre part, elle ne souhaitait pas que je sois mariée avec cet homme car elle-même n'avait pas pu choisir son époux et était malheureuse en ménage. Face à l'insistance de mon père, qui m'avait déjà promise au mariage à son ami, ma mère a dû chercher des solutions. Elle m'a dit qu'elle avait prévu de se rendre en ville pour avoir recours à un « business center » (personnes qui mettent à disposition leurs portables en échange d'une rémunération) afin de pouvoir contacter deux de ses amies qui vivaient à Lagos et à Abuja pour leur demander de l'aide. Nous ne savons pas comment, mais mon père a eu vent de nos projets. Quelques jours plus tard, j'ai croisé un garçon de notre village qui m'a averti que mon père avait soudoyé des jeunes du village pour qu'ils viennent me kidnapper et m'amener de force chez l'exciseuse. J'étais apeurée car je savais que ma mère ne pourrait pas me mettre à l'abri aussi rapidement. Le soir même, j'ai pris 10 000 nairas qu'elle avait mis de côté pour mon départ et j'ai décidé de quitter le village par mes propres moyens. Je suis partie du village au mois de novembre 2008. J'ai quitté la maison sans sac et sans aucune affaire pour ne pas éveiller les soupçons de mon père. Le soir même, j'ai pris le bus pour Lagos. Je ne connaissais personne dans cette ville mais j'ai décidé d'y aller car elle se trouvait loin de notre village, d'autant que mon père ne connaissait personne sur place. Le voyage a duré environ trois heures et lorsque je suis arrivée à destination, j'ai dû passer la première nuit à la gare routière. Le lendemain matin, j'ai abordé une passante que j'ai entendu parler au téléphone en dialecte « edo » et lui ai demandé si elle pouvait m'indiquer un endroit où je pouvais me réfugier car je n'avais nul part où dormir. Cette jeune femme prénommée Alice, avec qui j'ai sympathisé par la suite, m'a dit qu'elle connaissait un lieu d'accueil à proximité de la gare routière. Elle m'a indiqué le trajet jusqu'à Lagos Island où il y avait une sorte d'auberge, constituée de plusieurs maisons sur pilotis, dans lesquelles on pouvait dormir pour 50 nairas la nuit. La nuitée n'étant pas cher, j'ai séjourné sur place pendant plusieurs mois. Au début, je me suis servie de l'argent que j'avais pris à ma mère, et dû commencer à travailler pour survivre. Je vendais de la « pure water » que j'achetais en packs de 20 sachets pour 100 nairas et que je revendais pour le prix de 200 nairas. Ce travail m'a permis de me maintenir sur place plusieurs mois.

      Quelques mois plus tard, je me suis fait voler tous mes gains lorsque je revenais du marché. Ne sachant pas comment payer les 50 nairas pour l'hébergement, j'ai appelé à l'aide ma copine Alice, que je voyais occasionnellement à cette époque. Ne pouvant pas m'héberger à son domicile, elle m'a donné l'adresse d'une église catholique où elle m'a dit qu'on allait pouvoir m'aider. Sur place, j'ai rencontré le prêtre, père Alain, qui m'a dit que je pouvais rester dans la grande maison dont disposait son église. N'ayant plus de capital pour recommencer mon business, j'ai dû commencer à chercher un emploi. J'ai rapidement trouvé une place d'employée polyvalente dans un restaurant qui se trouvait à proximité de l'église. La propriétaire du restaurant, « Madame Hélène », me payait un salaire mensuel de 7 000 nairas (19 euros). J'ai travaillé dans cet établissement environ un mois et puis j'ai démissionné car les hommes qui fréquentaient les lieux avaient des gestes déplacés à mon égard. J'avais, au préalable, évoqué avec le prêtre ces agissements au sein du restaurant, et lui-même m'avait conseillé de chercher un autre emploi. Le lendemain, je suis quand même retournée voir la gérante du restaurant et je lui ai demandé de me payer l'argent qu'elle me devait. Elle a refusé de me rencontrer. J'ai quitté son établissement et je me suis mise à errer dans la ville. Plusieurs heures plus tard, lorsque je me trouvais complètement désespérée dans le Parc, j'ai été accostée par un groupe de trois hommes. Ils s'en sont pris à moi, et deux d'entre eux m'ont violée.

      Quand je suis revenue à l'église, j'ai parlé de ces faits au père Alain qui s'est mis en colère et m'a demandé pourquoi je n'étais pas rentrée de suite. Après cet événement, j'avais peur de sortir à l'extérieur et je n'étais plus en capacité de chercher un emploi. J'ai donc vécu pendant quelques mois, comme plusieurs autres familles, grâce à l'aide et au soutien de l'église du père Alain. Cette église recevait de nombreux dons, ce qui permettait au prêtre de secourir les personnes en difficulté. Quatre mois après le viol, je me suis rendue compte que j'étais enceinte. Mon premier souhait était celui de me faire avorter, mais le prêtre à qui j'avais parlé de ma grossesse a refusé de m'aider. Il m'a dit que l'avortement était un péché et que quoi qu'il arrive, je devais garder l'enfant. J'ai donné naissance à mon fils Paul le 2 avril 2011 dans l'hôpital de cette même l'église catholique. Après la naissance de mon fils, j'ai continué à être prise en charge par l'église. Pour la naissance de mon fils les autres femmes et familles m'ont toutes donné un peu d'argent, comme le veut la tradition nigériane. Souhaitant regagner mon autonomie, j'ai décidé d'utiliser cet argent pour reprendre mon business avec la « pure water ».

      J'ai repris mon activité, mais mon travail de marchande ambulatoire ne me permettait pas de m'occuper convenablement de mon petit garçon, que j'étais contrainte de confier aux autres femmes de l'église. L'une de mes clientes régulières m'a alors conseillé de consulter les petites annonces et essayer de trouver un emploi stable, dans une maison. Elle m'a même donné l'adresse d'une maison où elle connaissait un homme qui cherchait une aide-ménagère. Le jour même, je me suis rendue à cette adresse pour rencontrer un certain Mr Ousseni qui habitait les lieux. Quand j'y suis allée avec mon fils, Mr Ousseni était absent et j'ai été accueillie par sa femme qui m'a invité à l'attendre. Quand il est rentré, il m'a proposé un poste d'employée de maison, pour un salaire mensuel de 10 000 nairas (27.50 euros). J'ai de suite accepté sa proposition et j'en ai averti le père Alain. C'est ainsi que j'ai quitté l'église et je me suis installée chez Mr et Mme Ousseni où j'étais chargée de préparer les repas et nettoyer les lieux. En contrepartie, ils me permettaient d'occuper, avec mon fils, leur chambre d'ami et me payaient un salaire mensuel.

      Trois jours après le début de mon activité, Mr Ousseni m'a appelé en me disant qu'il voulait m'aider. Il m'a convoqué dans son bureau pour me proposer de m'aider à partir en Europe. Sa proposition m'a, dans un premier temps, surprise et dans un second temps effrayé. Je lui ai expliqué que je n'avais pas fait de grandes études et que je ne voyais pas le métier que je pouvais exercer à l'étranger. Mr Ousseni m'a alors expliqué que les personnes blanches étaient très paresseuses et que les femmes de ménage étaient très recherchées en Europe. Il a ajouté que beaucoup de femmes nigérianes partaient en Europe pour se prostituer, mais que celles qui y allaient pour travailler comme employées de maison, pouvaient gagner beaucoup d'argent. J'ai immédiatement pensé que tout cela allait coûter très cher et j'ai interrogé Mr Ousseni à ce sujet. Il m'a répondu qu'en effet, cela allait coûter 40 000 euros, qu'il allait avancer car il m'aimait bien. Il m'a rassuré en me disant qu'il allait me rendre ce service, mais qu'en contrepartie je devais lui verser des intérêts et lui rembourser la somme de 60 000 euros. Je n'avais aucune notion de ce que représentait ce montant, d'autant plus que Mr Ousseni m'avait précisé que le salaire minimum en Europe s'élevait à 5 000 euros par mois et que mes employeurs allaient me donner des pourboires en complément. Je l'ai interrogé pour savoir comment j'allais faire pour trouver un emploi et il m'a rassuré que cela allait être très facile car il connaissait des gens en Europe qui allaient pouvoir m'embaucher. Je lui ai aussi fait part de mes inquiétudes au sujet de mon fils et du fait que je n'avais personne à qui le confier. A cette époque, je n'avais plus aucun contact avec les membres de ma famille. Ma mère n'avait pas de téléphone et je n'avais donc plus de ses nouvelles depuis mon départ du village. Mr Ousseni s'est montré très rassurant et m'a proposé de lui confier mon enfant. J'ai accepté son offre, d'autant plus qu'il m'avait dit qu'au bout d'un an de travail en Europe, j'allais avoir des papiers et pouvoir récupérer mon fils.

      Pour préparer mon voyage, il a appelé une certaine « Madame Rachelle » de Bénin city. Ils se sont mis d'accord pour que je me rende à Bénin city avec Mr Ousseni et que cette dame nous aide à établir mon passeport. Je ne me souviens plus de la date exacte, mais ces faits ont eu lieu autour de l'été 2013. J'ai confié mon fils à Mme Ousseni et je suis partie avec son mari à Bénin city. Nous avons pris le bus et nous nous sommes rendus à Bénin city, au domicile de « Madame Rachelle ». Le soir même de notre arrivée, « Madame Rachelle » est venue nous voir en me disant que ma vie allait maintenant changer, mais que pour ce faire, je devais d'abord prêter serment. Je suis croyante et pratiquante (Témoin de Jéhova) et je ne crois pas aux rituels juju, ce pourquoi j'ai refusé de prêter serment et j'ai assuré Mr Ousseni que j'allais le rembourser jusqu'au dernier cents. D'autant plus qu'il avait une garantie supplémentaire en la personne de mon fils, qui allait rester à son domicile. A ce moment-là, ils n'ont pas réagi. Je pense que c'est parce que nous devions nous rendre au bureau des passeports le lendemain matin.

      Le lendemain matin, nous sommes allés sur place tous les trois. Compte tenu de l'attitude aisée de « Madame Rachelle », j'ai cru comprendre qu'elle avait l'habitude de ce type de démarche. Elle connaissait beaucoup de monde au sein de l'institution. En arrivant sur place, les fonctionnaires ont demandé à « Madame Rachelle » si elle avait besoin du passeport rapidement et elle leur a dit que oui. Ils m'ont alors prise en photo et m'ont demandé de revenir le lendemain pour prendre mes empreintes. Le lendemain, avant notre arrivée au bureau des passeports, Mr Ousseni m'a dit que pour finaliser ma demande de passeport je devais paraître plus âgée et utiliser un autre nom. Ma demande de passeport a donc été établie au nom de Myriam ISETOSE, née le 8 Janvier 1978, car ils voulaient que je me fasse passer pour l'épouse d'un certain Mr Isetose, qui lui, était plutôt âgé. Mr Ousseni m'a dit qu'il était beaucoup plus facile de quitter le pays en couple et que de toute façon cela ne changeait rien car en arrivant en Europe je pouvais reprendre mon vrai nom. Il m'a assuré que cette procédure était très facile. Les fonctionnaires du bureau des passeports ont donc pris mes empreintes, et nous sommes revenus chez « Madame Rachelle ». Nous sommes restés, en tout et pour tout, trois jours à son domicile.

      Deux semaines plus tard, nous avons dû revenir à Bénin city pour récupérer le passeport. « Madame Rachelle » nous a accueillis de nouveau chez elle et est venue avec nous jusqu'au bureau des passeports. Dès que j'ai obtenu ledit passeport, « Madame Rachelle » l'a récupéré, et à compter de ce moment-là, je ne sais plus ce qu'il en est devenu. Quelques jours plus tard, j'ai dû me déplacer sur Abuja avec Mr Ousseni et deux autres hommes qui sont venus nous rencontrer. Mr Ousseni a fait les présentations et m'a dit que le premier homme, prénommé Hassane alias Adam, travaillait à l'ambassade d'Italie à Abuja et que le second était celui qui allait se faire passer pour Mr Isetose, mon mari. Je suis donc rentrée à l'ambassade, accompagnée des deux hommes, et Mr Ousseni nous a attendu à l'extérieur. Les deux hommes m'ont interdit de parler et m'ont demandé d'exécuter ce qu'on allait me dire de faire. Hassane alias Adam nous a accompagné jusqu'à un guichet où on nous a demandé de refaire des photos d'identité. J'ai dû écrire le nom, le prénom et la date de naissance que je devais utiliser et signer le formulaire. Une femme a pris nos empreintes et nous avons quitté l'institution. Toutes ces démarches ont pris environ deux heures. Nous sommes rentrés à Lagos avec Mr Ousseni et j'ai repris mon travail. Dix jours plus tard il est venu me voir en me disant que mon visa était prêt et que nous avions eu, avec mon soi-disant époux, un visa italien d'une durée de six mois. J'ai donc dû retourner à Abuja pour récupérer mon visa. A cette occasion, Mr Ousseni m'a rappelé qu'il avait dépensé beaucoup d'argent pour moi. Quand je me suis présentée à l'ambassade où Hassane est venu me chercher, il m'a dit de dire que mon mari était malade et demander de récupérer nos deux passeports. J'ai en effet récupéré les deux passeports que j'ai dû remettre à Hassane et à Mr Ousseni dès que nous avons quitté l'ambassade. Les deux hommes se sont éloignés de moi et ont discuté entre eux. Nous sommes revenus à Lagos avec Mr Ousseni et j'ai dû rester encore environ quatre mois à son domicile. J'ai repris mes activités habituelles mais je n'ai plus jamais reçu de salaire. Mr Ousseni m'a expliqué que l'argent que j'étais sensée gagner chez lui allait servir pour payer le voyage.

      Deux mois après notre retour, « Madame Rachelle » a repris contact avec Mr Ousseni. Elle a de nouveau insisté auprès de lui pour que je prête serment avant de partir. Je leur ai rappelé du fait que je ne souhaitais pas prêter serment et ils m'ont laissé tranquille pendant quelques semaines. Un mois plus tard, Mr Ousseni et revenu me voir pour me dire que de toute façon, je n'avais pas le choix et que si je voulais partir en Europe, je devais obligatoirement prêter serment. Il m'a rappelé que la durée de mon visa était de six mois, en me précisant que si je ne prêtais pas serment maintenant, je n'aurais plus la possibilité de quitter le Nigéria. Quand j'ai essayé de négocier avec lui, il m'a informé que cela ne dépendait plus de lui car il avait fini son travail, qui était celui de me recruter. Début décembre 2013, Mr Ousseni m'a indiqué qu'il était temps que je me rende à Bénin city pour rencontrer « Madame Rachelle » et le féticheur. Suivant les instructions de Mr Ousseni, j'ai pris le bus pour Bénin city et me suis rendue à l'arrêt de bus où « Madame Rachelle » est venue me chercher. Contrairement aux autres fois, elle avait loué une chambre dans un hôtel où j'ai dû passer la nuit. Le soir même j'ai reçu un appel téléphonique d'une certaine Isabelle qui m'a dit que c'était elle qui allait m'aider à trouver un emploi d'aide-ménagère en Europe. Je sais que cette personne a eu plusieurs échanges téléphoniques avec « Madame Rachelle ». Cette dernière est venue me chercher le lendemain matin en voiture avec une autre femme, nommée Karina, qu'elle m’a présentée comme sa sœur. Les deux femmes m'ont amené dans un village, proche de la ville de Bénin city. En arrivant au village, nous nous sommes rendues dans une maison au sein de laquelle il y avait un homme. « Madame Rachelle » m'a présentée en disant que c'était bien de moi qu'elle lui avait parlé. L'homme a pris un seau qui contenait un liquide et nous a conduits jusqu'à un arbre de grande taille, au milieu d'une forêt située derrière sa maison. Il a alors commencé à faire des prières dans un dialecte que je ne comprenais pas et tourner autour du tronc de l'arbre en évoquant les esprits. Ses réactions m'ont surprise, même si je savais que dans notre culture l'arbre représente les esprits de la terre et peut avoir certains pouvoirs féticheurs. Puis, l'homme a arraché plusieurs feuilles qu'il a déposées dans le seau et m'a demandé d'aller me laver avec l'eau de ce même seau. Il m'a demandé de me déshabiller et enfiler une petite robe blanche autour de ma taille. Il m'a ordonné de tourner mon dos vers l'arbre et me laver avec le contenu du seau. Quand j'ai eu fini de me laver, le féticheur a pris une noix de cola qu'il a partagé entre moi, « Madame Rachelle » et Karina. Il a pris une deuxième noix de cola avec laquelle il a frotté l'écorce de l'arbre et puis m'a demander de la casser en morceaux et de la manger. Tout en continuant à s'adresser à l'arbre, il a versé dans un verre de l'ogogoro (gin local), y a ajouté d'autres produits, et il m'a demandé de boire le liquide. Avant cela l'homme m'a demandé de répéter après lui « Si je vais en Europe et je refuse de payer, je mourrai. Si je dénonce Isabelle à la Police, je mourrai. ». Il m'a aussi fait jurer que si j'envoyais de l'argent à ma famille sans l'accord de Isabelle, j'aurai le même sort. J'ai su par la suite, que Isabelle avait payé « Madame Rachelle » parce qu'elle s'était occupée de moi. J'ai donc bu cette préparation et nous sommes tous revenus dans la maison du féticheur où il a fait une autre préparation noire qu'il a voulu me donner pour attirer les hommes blancs. Quand il m'a dit cela, j'ai été très surprise et je l'ai interrogé pourquoi je devais avoir cela sur moi. Le féticheur m'a dit que je devais appliquer ce produit sur le corps car les hommes blancs allaient tomber amoureux de moi et faire tout ce que je voulais. Après tout cela, « Madame Rachelle » m'a ramené à l'hôtel et m'a dit de bien me reposer car le lendemain matin je devais allais faire la vraie cérémonie juju, devant le tempe Ayelala. Je lui ai dit que je n'étais pas d'accord avec cela, mais elle ne m'a pas laissé le choix. Elle m'a prévenu que si je ne la suivais pas, elle ne me laisserait pas partir.

      Le lendemain matin, « Madame Rachelle » m'a amené chez le coiffeur pour tresser mes cheveux et me faire belle avant de prendre l'avion. Elle m'a laissé encore une nuit à l'hôtel et puis elle est revenue me chercher en taxi pour aller dans un temple au sein de Bénin city. « Madame Rachelle » m'a dit que maintenant nous étions dans un endroit de haute spiritualité. Elle m'a demandé de bien réfléchir si j'étais vraiment capable de rembourser l'argent qu'on me demandait et tenir mes engagements. Elle m'a prévenu que si je prenais des engagements, je devais les tenir coûte que coûte, sinon il pourrait m'arriver malheur. Elle m'a demandé de lui promettre que quand j'aurai fini de payer les 60 000 euros, je devais donner 500 euros au féticheur pour racheter le juju et acheter à « Madame Rachelle» 30 pièces d'hollandises (des tissus de grande valeur pour le peuple nigérian, dont le prix s'élève à environ 80 euros l'unité) et des bijoux en or. De nombreux fidèles, hommes et femmes, habillés en rouge et blanc, étaient à l'intérieur du temple et faisaient de la musique avec des calabash (instrument de musique traditionnel). « Madame Rachelle » m'a conduite jusqu'à un féticheur qui m'a dit de me déshabiller dans une pièce à part et entourer autour de la taille un tissu blanc. J'ai été conduite au milieu des fidèles où on a mis dans mes mains un poulet de couleur marron. Le féticheur m'a demandé où était ma famille et plus précisément ma mère qui était censée être présente. « Madame Rachelle » a alors répondu à ma place en disant que Karina était une personne de confiance, venue représenter mes proches. Ils m'ont demandé de me dévêtir et porter un wrappa. Ils m'ont demandé de me tenir face aux objets fétiches qui se trouvaient dans le temple Ayelala. Ils ont mis entre mes mains le poulet natif. Le féticheur m'a demandé de répéter après lui « Je vais en Europe et je dois payer 60 000 euros. Si je refuse de rembourser, je mourrai. Si je ne rembourse pas, ils vont me tuer et vont ramener mon corps au Nigéria. ». Il m'a aussi fait répété ce que j'avais dit auparavant, lors de la première cérémonie, et plus précisément que je ne pouvais pas envoyer de l'argent à ma famille et que si je devais avoir un petit ami il devait obligatoirement être blanc et surtout pas africain ou nigérian. De toute façon, « Madame Rachelle » m'a dit en arrivant devant le temple que si j'avais une relation avec un blanc, il allait payer ma dette alors qu'un homme nigérian allait s'opposer à son remboursement. Le féticheur a alors égorgé le poulet et a fait couler son sang dans un récipient, dans lequel il a ajouté du gin local. Devant moi il a envoûté le récipient et m'a demandé de le boire. Il a de nouveau donné une noix de cola que j'ai dû aussi manger. C'est ainsi que la cérémonie a pris fin. A l'issus de la cérémonie « Madame Rachelle » m'a ramené à l'hôtel. Le lendemain matin elle a voulu qu'on aille faire des achats au marché afin de pouvoir acheter les affaires nécessaires pour mon départ, à savoir : valise, vêtements, une montre et une paire de chaussures. Le lendemain matin elle est revenue à l'hôtel et nous avons dû attendre Hassane alias Adam. Il nous a rejoint et m'a amené seule chez lui, dans le quartier de New Bénin. J'ai passé cinq jours à son domicile. Au matin du cinquième jour il m'a demandé de m'habiller et préparer mes affaires. Il m'a présenté un autre homme avec qui j'ai dû prendre le bus jusqu'à Lagos. Juste avant de partir, Hassane m'a remis mon passeport et m'a informé que mon vol pour l'Europe était prévu le jour même, à 2h du matin.

      En arrivant sur Lagos, nous nous sommes rendus directement à l'aéroport international de Lagos. L'homme avec lequel je venais de faire le voyage en bus, m'a alors introduite auprès d'une personne que je rencontrais pour la première fois et qui se nommait Amina. Cette personne, employé à l'aéroport, m'a faite rentrée et s'est occupée de faciliter mon accès à la salle d'embarquement. J'ai quand même dû me présenter dans une petite salle d'auditons et m'expliquer sur les raisons de mon départ en Europe. J'ai répondu que je partais travailler en Europe et les fonctionnaires présents ont acquiescé et m'ont laissé partir pour rejoindre Amina. Comme il était déjà 22h du soir quand j'ai rejoint Amina. Nous avons attendu ensemble le début de l'embarquement. J'ai passé le contrôle seule, mais quand je suis montée à bord l'avion j'ai vu que l'homme avec qui j'avais voyagé était déjà installé dans l'avion. J'ai quitté le Nigéria en décembre 2013, tôt le matin au bord de l'avion à destination de l'Italie via la France. Je suis arrivée en Italie le jour même. A mon arrivée sur place, j'ai immédiatement était arrêté par la Police car les chiens de la douane m'avaient sentie. Ils ont fouillé mes bagages et ont fait appel à une femme pour faire une fouille corporelle. Comme ils n'ont rien trouvé sur moi, ils ont présumé que j'avais ingurgité des produits et m'ont conduite à l'hôpital, où ils m'ont fait passé une radio et n'ont rien trouvé. Les policiers m'ont demandé quelle était la raison de mon séjour et conformément à ce que m'avait dit de dire Hassane en cas de contrôle par les autorités, j'ai répondu que je venais en vacances. Je leur ai présenté ma réservation d'hôtel. J'ai même présenté la somme de 1000 euros que Hassane m'avait donné avant mon départ faisant foi de mon séjour touristique. Suite à tout ça les douaniers m'ont laissé partir. J'ai donc pu appeler Hassane qui m'avait fourni une carte SIM avant le départ. Celui-ci m'a communiqué un numéro de téléphone italien qui m'a contacté juste après ma conversation avec lui. Un homme nigérian s'est présenté à moi sous le prénom de Souleymane et m'a faite monter dans un taxi. Il m'a déposé à une adresse dans la banlieue de la ville. Souleymane est venu me rejoindre à cette adresse quelques minutes plus tard. Puis, nous sommes allés dans son logement, où résidaient déjà deux hommes et une autre femme. Son domicile était composé de trois chambres et un salon. J'étais sensé quitter son domicile dès le lendemain pour revenir en France. Je ne sais pas pourquoi j'ai transité par l'Italie mais tout était prévu comme tel. Cependant, je pense qu'il a dû avoir une mésentente entre Souleymane et la personne qui devait me faire voyager en France. Dans la nuit, j'ai eu d'importants doleurs à l'estomac qui ont entraîné une hospitalisation de trois jours. A ma sortie de l'hôpital, je suis revenue au domicile de Souleymane où j'ai séjourné en tout pendant 15 jours.

      Pendant cette période, j'ai recommencé à recevoir des appels de Isabelle, qui m'a dit qu'elle allait m'aider à trouver un emploi et m'héberger chez elle le temps nécessaire pour je commence à travailler. Pour cela, elle m'a dit que je devais la rejoindre en France. Souleymane m'a donc acheté un billet de train pour Paris et m'a conduite jusqu'à la gare où j'ai pris le train pour Paris. Durant le voyage, Isabelle a continué de m'appeler pour me rassurer et me dire qu'elle viendra me chercher à la descente du train. A mon arrivée, elle m'a amené dans un marché où elle m'a acheté des habits plus chauds car il faisait froid. Puis, nous nous sommes rendues dans l'appartement d'une de ses amies. Nous sommes restées à son domicile pendant trois semaines. Isabelle a profité de cette période pour m'accompagner à la Préfecture afin que je puisse déposer une demande d'asile, qu'elle m'a présenté comme une démarche incontournable pour rechercher un emploi en France. J'ai dû patienter pendant trois semaines avant de pouvoir mener à termes les démarches nécessaires. Pendant mon séjour sur place, Isabelle faisait des allers- retours sur la ville de Poitiers. Pendant notre séjour parisien elle était très distante et s'adressait peu à moi.

      Au bout de trois semaines, elle m'a dit que nous pouvions enfin partir sur la ville de Poitiers où un emploi m'attendait. Nous avons alors pris ensemble le train pour Poitiers et nous nous sommes rendues à son domicile. Quand nous sommes arrivées chez elles nous étions que toutes les deux. Le soir même, elle m'a demandé de m'habiller et me maquiller pour aller travailler. Quand je lui ai demandé de quel genre de travail il s'agissait, elle a rétorqué que je verrai quand on serait sur place. Elle m'a amené sur l'avenue de la Libération où il y avait plusieurs filles nigérianes. J'ai de suite interpellé Isabelle en lui disant que toutes ces femmes étaient en train de se prostituer et elle m'a répondu que c'était normal. Elle m'a conduite jusqu'à un endroit précis où elle m'a ordonné de me tenir et m'a contrainte de me prostituer. Je me suis opposée à ses ordres, mais elle m'a dit que c'était le travail que toutes les filles nigérianes faisaient quand elles rejoignaient la France.
Isabelle a essayé de m'expliquer les tarifs que je devais pratiquer, mais ce soir-là j'ai refusé catégoriquement de l'écouter et nous sommes rentrées à la maison.

      Le lendemain matin j'ai reçu un coup de fil de « Madame Rachelle » qui m'a expliqué que ce n'était pas notre deal du départ et quoi que je fasse, je devais aller travailler dans la rue, car c'était le seul moyen. Elle m'a aussi rappelé que c'était la seule activité qui me permettrait de gagner autant d'argent, à savoir 5000 euros par mois, comme me l'avait dit Mr Ousseni. J'ai de suite appelé ce dernier, qui détenait mon fils, en lui demandant des explications. Il m'a répondu qu'il n'avait pas plus d'information sur la nature de l'activité que je devais exercer. Il m'a précisé qu'il m'avait recruté et que ça part du travail s'arrêtait là. Ce jour, je suis restée chez Isabelle sans la suivre dans la rue, mais le lendemain j'ai de nouveau été contactée par « Madame Rachelle », qui menaçante, m'a rappelé que mon fils était détenu chez Mr Ousseni, qu'elle connaissait son adresse et qu'elle était en mesure de kidnapper et tuer mon enfant. Isabelle de son côté a commencé à me mettre la pression en me disant que des filles plus précieuses et jolies que moi gagnaient beaucoup d'argent en se prostituant et construisaient des maisons au Nigéria. Elle a précisé que la prostitution allait me permettre de gagner beaucoup d'argent et changer ma vie. Sous ces menaces imminentes, j'ai cédé à la pression et suivie Isabelle dans la rue. Elle m'a alors indiqué tous les tarifs que je devais pratiquer, à savoir : 150 euros pour les prestations à domicile, 50 euros pour une prestation en voiture et 30 euros pour une fellation. Je me suis prostituée pour le compte de Isabelle pendant un an et quatre mois. Pendant toute cette période, je devais lui remettre tous les mois 500 euros pour la location du logement dont le bail de location était signé à son seul nom. Je devais également participer financièrement aux frais de nourriture et lui remettre tous les lundis l'argent que j'avais perçu pendant la semaine précédente. Elle me disait que cet argent était dédié dans un premier temps au remboursement d'une dette d'un montant de 4500 euros, utile à l'achat de vêtements et l'établissement de mes papiers, et dans un second temps au remboursement de ma dette initiale de 60 000 euros. En dehors de la location de l'appartement et des frais de nourriture, j'ai remis en tout à Isabelle la somme de 27 250 euros, dont j'ai gardé trace dans un bloc-notes. Pendant cette période, j'ai eu beaucoup de problèmes quant à la place que Isabelle m'avait assignée dans la rue et j'ai dû faire face à de nombreux épisodes de violences à mon encontre. Quand je me faisais violenté j'appelais Isabelle, qui refusait de me parler et ne me laissait seule face à ses situations me maintenant ainsi dans un climat de fortes tensions.

      Durant le mois de décembre 2014, Isabelle a fait venir une autre fille, prénommée Fati, à son domicile. Cette dernière utilisait le prénom de Amy sur ses documents d'identité et était assez libre et amicale avec Isabelle car d'après ce que j'avais compris elle était la filleule de « Madame Rachelle ». De mon côté, ne supportant plus cette activité, je planifiais d'ores et déjà de partir, essayant en vain de rallier Fati à ma cause. Courant janvier 2015, j'ai réussi à prendre contact avec un ami d'enfance qui vit dans mon village natal via le réseau social Facebook. Je lui ai demandé de me communiquer les coordonnées de ma famille et c'est ainsi qu'après plusieurs années sans nouvelles, j'ai réussi à parler avec ma mère. A l'occasion de cette conversation elle m'a appris le décès de mon père et m'a précisé qu'elle avait cherché à obtenir de mes nouvelles pendant tout ce temps. De mon côté, je lui ai appris la naissance de mon fils et là où il se trouvait actuellement. Elle m'a demandé l'adresse exacte de Mr Ousseni et quand je lui ai exposé l’intégralité de ma situation, elle m’a proposé de le contacter et récupérer mon fils. Mr Ousseni avait à cette époque changé de numéro et elle n’a pas été en mesure de le contacter. Elle a fait appel à une amie à elle qui était mariée à un soldat nigérian et elles sont allées récupérer mon fils toutes les deux. Mr Ousseni a d’abord refusé de rendre mon fils et ma mère a dû se battre avec son épouse. Dans les minutes qui ont suivies, son amie a fait appel à son mari, qui s’est immédiatement rendu au domicile de Mr Ousseni, en présence de deux autres soldats. Sur ce, Mr Ousseni a cédé à la pression et a rendu mon fils à ma mère.

      Pendant ce temps, toujours sous l’emprise de Isabelle, je lui remettais l’intégralité de mes gains, sans pour autant communiquer avec elle. J’avais fait connaissance d’une certaine Armelle, qui se prostituait au même endroit et vivait dans le même immeuble que nous. Je ne sais pas pour quelle raison mais elle et Isabelle était en très mauvais termes. Malgré l'interdiction de Isabelle, je parlais souvent avec Armelle lorsque nous étions dans la rue. C’est à ces occasions qu’elle m’a parlé d’un homme blanc, propriétaire de plusieurs appartements sur Poitiers, dont elle m’a donné le numéro de téléphone. J’ai contacté cet homme et il a accepté de me louer un appartement dans un autre quartier de Poitiers.

      Au mois de mai 2015, j'ai quitté le domicile de Isabelle pour m’installer dans cet appartement. J’ai pu quitter son appartement en la menaçant de la dénoncer à la Police. Elle ne m’a rien dit, mais le jour même « Madame Rachelle » m’a contacté pour me rappeler que j’étais sous l’emprise du juju et que je ne pouvais me défaire quand bon me semble de ses effets. Je lui ai alors répondu qu’elle pouvait être fière de son juju, mais que moi je n’étais fière que de Jéhova. Je me suis installée dans mon appartement et plusieurs jours plus tard « Madame Rachelle » a réitéré ses menaces, sans que cela m’affecte. J’ai continué ma vie dans cet appartement, mais n’ayant aucun revenu quelconque, j’ai dû aller dans la rue occasionnellement afin de pouvoir payer mon loyer et subvenir à mes besoins. Cette période a été assez difficile, d’autant plus que quand j’ai déposé ma demande d’asile Isabelle m’avait indiqué de ne pas accepter la prise en charge en centre d’hébergement qui l’OFll m’a proposée, ce qui m’a privé de l’argent de l’Allocation Temporaire d’Attente. Comme je ne donnais plus d’argent à Isabelle, « Madame Rachelle » m’appelait régulièrement pour exercer des représailles. Quelques semaines plus tard, Isabelle est venue dans la rue pour me menacer à son tour. Elle m’a dit qu’elle me laissait six semaines pour finir de lui rembourser son argent et que sinon, elle allait me faire du mal. Elle a fait cela à plusieurs reprises même si à cette époque elle ne sortait plus trop dans la rue car elle avait faite venir une autre fille qui se prostituait pour elle.



(Depuis et avec l’aide de notre association cette jeune femmes a pu être prise en charge par une association loin de Poitiers, malheureusement ce n’est pas le cas pour toutes les femmes qui demande de notre aide.)

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