Posté le 4 novembre
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La lueur d’une bougie dansait doucement. La pièce n’était éclairée que par deux flammes, qui bougeaient si lentement que l’on pouvait les fixer aussi longtemps qu’on le souhaitait sans remarquer leur mouvement. Dans la pénombre, deux regards s’habituaient à l’obscurité de la chambre, se fixant, se défiant presque. Puis de légers mouvements se firent entrevoir et un murmure échappa d’entre les lèvres de la jeune fille. L’autre lui avait déjà ôté son tee-shirt, qui laissait apparaître sa poitrine encore couverte, puis elle entreprenait lentement de s’occuper de sa ceinture à lui. Il n’y avait pas de sourire, pas de baiser, simplement deux paires d’yeux qui se figeaient sur le visage de l’autre.

Le garçon aux cheveux noirs passa une main sous la tête de la fille aux cheveux blancs. Il caressa du bout de son pouce son oreille, cachée sous la chevelure, et il sentit son pantalon glisser sur ses cuisses. Il se releva afin d’aider à se débarrasser du jean qui devenait trop encombrant pour l’instant. À peine deux minutes plus tard, chacun des deux était complètement nus, peau contre peau. C’était la première fois que cela leur arrivait, de cette manière du moins. Un nouveau murmure se fit entendre, et la fille cacha son visage sous ses cheveux. « Tu n’as pas à faire ça » chuchota l’autre, écartant sa frange blanche.

La lueur de la bougie dansa plus vivement. Les murmures de la jeune fille continuaient, faisant échos aux paroles rassurantes du garçon. Vint le premier baiser, frêle, quasiment hésitant. Puis un second, avant qu’il laisse ses lèvres épouser parfaitement celles de sa partenaire. Leurs langues se caressèrent doucement, avant qu’un mouvement de bassin ne vint briser l’instant. La jeune fille ouvrit les yeux, mais détourna immédiatement son regard. Elle en arriva à se mordre la lèvre inférieure, ne sachant comment réagir, et ses mains remontèrent le long du dos du garçon. Il passa ses doigts dans les cheveux de cette dernière, continuant son mouvement lent, mais il se fit plus ferme. Ce qui arracha un léger cri de la part de la jeune fille. Plusieurs minutes passèrent avant que celle-ci ne se laisse aller, caressant son cou, ses cheveux noirs, embrassant sa bouche qui semblait se fondre parfaitement sur la sienne. Mordant doucement sa lèvre, elle le sentit agripper ses hanches pour la relever avec précaution. Ses cheveux étaient en bataille, elle avait toujours dit que la coupe ébouriffée lui allait bien, et en cet instant elle ne pouvait qu’approuver davantage. Il se redressa et elle prit l’initiative de passer au-dessus, ce qui arracha enfin un gémissement au garçon. Calant ses genoux contre les hanches de celui qui l’avait déshabillée dix minutes plus tôt, elle ondula du bassin afin de voir le jeune homme soupirer et serrer les lèvres.

Il voulait juste exploser. Il avait besoin d’elle, de la voir ainsi, de la voir sourire tandis qu’elle s’offrait à lui. Pour la première fois depuis qu’il était avec elle, elle ne se crispait pas, elle n’avait de mouvement brusque en arrière. Ouvrant les yeux, il regarda son visage avec son menton qui tremblait, sa bouche entrouverte qui dévoilait un sourire léger. Remontant ses mains sur le ventre de la jeune fille, il admira sa poitrine, ses épaules, son cou fin où tombaient ses longs cheveux blancs. Sans prévenir, il joignit ses mains dans son dos et elle bascula sur son torse, le souffle court. Le garçon releva la tête et embrassa son front, tendrement, profitant de ce moment privilégié qu’il partageait avec elle. Elle se blottit contre son torse, repliant ses bras fin sous son corps, et cacha son visage dans la cou du jeune homme. La bougie s’éteignit sans qu’ils le remarquent, comme pour marquer l’instant présent qui venait de s’évanouir. Carpe Diem, disait-il, et il n’en comprenait réellement la portée que maintenant.

    Elle se redressa. Leurs fronts se collèrent. Leurs regards se croisèrent. Leurs bouches étaient proches. Un sourire étira les lèvres du garçon qui entoura la jeune fille de ses bras. « Je ne t’ai jamais autant aimée, Leonor. »

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