À Monaco, un centre de formation rentable
L'AS Monaco s'appuie sur plusieurs éléments de son centre de formation et possède même la deuxième académie la plus rentable de France depuis 2014.
L'Equipe
Cyril Olives-Berthet
18 janvier 2024 à 20h20
325 M€ encaissés en dix ans : Monaco peut remercier les jeunes qu'il a bien formés, et bien vendus. Car au-delà du pactole Kylian Mbappé (180 M€ payés par le PSG, qu'il a rejoint en 2017), l'ASM a touché beaucoup d'argent sur ses autres espoirs. Il y a un an, Benoît Badiashile a été acheté 38 M€ par Chelsea. Quelques mois auparavant, Nice avait lâché 22 M€ pour Sofiane Diop.
Le centre de formation dirigé par Sébastien Muet depuis avril 2022 est ainsi le deuxième plus rentable de France derrière celui de l'OL (370 M€ sur neuf ans, selon l'étude du CIES). « Historiquement, ce club a une culture de la formation. On est un des plus structurés en France pour développer les jeunes joueurs et cela nous permet de nous adapter aux évolutions du football », explique le Belge Pascal De Maesschalck, directeur du développement des jeunes depuis 2021.
La tendance devrait encore s'accentuer à l'ASM, vainqueure de la dernière Coupe Gambardella (4-2 contre Clermont) et club le plus représenté chez les équipes de France des jeunes (15 joueurs des moins de 16 ans aux Espoirs). Cette saison, Soungoutou Magassa (1 210 minutes toutes compétitions confondues), Maghnes Akliouche (638), Chrislain Matsima (296), Edan Diop (134), Eliot Matazo (96), Eliesse Ben Seghir (32) et Antonin Cartillier (7) ont tous été utilisés. « C'est la preuve que si tu es bien organisé, que tu investis beaucoup sur une vision claire, cela porte ses fruits, se réjouit De Maesschalck. Il faut aussi que l'entraîneur des pros leur laisse la possibilité de s'exprimer... quand ils le méritent. »
Si la Diagonale, le nom donné au nouveau lieu de vie de l'Academy inauguré en septembre 2022, tourne à plein régime, c'est grâce aux innovations mises en place. Les trois équipes de jeunes (moins de 17 ans, moins de 19 ans, Groupe Élite) disposent d'un staff de 21 personnes : préparateur mental, préparateurs physiques, vidéo-analystes, docteur, kinés, entraîneurs des gardiens, directeur de la performance...
« On veut travailler comme les pros mais aussi avec eux : chacun est en lien avec son homologue de l'équipe première », explique De Maesschalck, qui met aussi en avant le recrutement de Ruddy Ebondo, arrivé de Lorient l'été dernier. Cet ancien pensionnaire du centre de formation monégasque est chargé de faciliter l'intégration des moins de 16 ans... alors même que l'ASM n'a pas d'équipe dans cette catégorie.
Créé à l'été 2022 sur les cendres de l'équipe réserve (N2), le Groupe Élite coaché par Damien Perrinelle porte également ses fruits. Cette équipe a notamment affronté les jeunes des Glasgow Rangers, de Brentford, de Benfica. Elle dispute la Premier League Cup (Liverpool, Crystal Palace, Everton, Fulham) et a même défié les pros de Brest (0-4) pendant la trêve internationale de novembre.
« Les avantages sont nombreux. Les jeunes jouent plus de matches qu'avant, contre des équipes étrangères et seniors. L'organisation des rencontres est plus flexible, elles ont lieu en semaine. Cela permet aux meilleurs d'être à disposition de l'équipe première le week-end. Les données physiques (intensité, distance parcourue...) des joueurs sont bien meilleures que ce qu'on avait en N2 », se réjouit le directeur du développement des jeunes. L'ASM possède un autre atout : le club partenaire du Cercle Bruges (voir ci-dessous). « Ces différentes options sont complémentaires et surtout capitales pour la progression de nos espoirs », ajoute Carlos Avina, directeur technique de l'ASM depuis l'été dernier.
Afin de rester au top, Monaco doit évidemment bien recruter. Il y a un an, le scout Zinédine Benslimane a ainsi été débauché du RB Leipzig et Mohamed Ouadah est arrivé de Nancy. « Le centre dispose de 13 recruteurs, qui sont en contact avec ceux des pros. Cela nous permet d'être plus agressifs sur le marché », assure l'ambitieux Avina. L'été dernier, Monaco a ainsi réussi à attirer
Samuel Nibombe (16 ans), capitaine des moins de 17 ans belges, alors qu'il était courtisé par le Bayern et l'AC Milan. Jackpot à venir ?