Les sénateurs ont déposé mercredi un amendement au budget de la Sécurité sociale visant à augmenter la durée de travail annuelle de sept heures, afin de dégager 2,5 milliards d’euros pour la branche autonomie.
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Plutôt que la suppression d’un jour férié, les sénateurs ont eu une autre idée pour trouver des recettes supplémentaires. Dans le cade du débat sur le budget 2025 de la Sécurité sociale, la commission des affaires sociales de la chambre haute a déposé mercredi un amendement visant à faire travailler «gratuitement» les Français sept heures par an. Le texte, déposé par la rapporteure générale de la commission, la centriste Élisabeth Doineau, dit vouloir renforcer «le financement de la branche autonomie au moyen d’une augmentation de sept heures de la durée annuelle de travail, pour un temps plein, des personnes en emploi, dans le secteur privé comme dans les fonctions publiques».
«Ce n’est pas une journée fériée, ce n’est pas le 11 novembre que l’on réduit, on est bien en temps de travail», a précisé le sénateur LR Philippe Mouiller et président de la commission des affaires sociales au cours d’une conférence de presse organisée mercredi, consacrée à la présentation des amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l’année 2025. Interrogé à ce sujet jeudi matin sur Sud Radio, le ministre de l’Économie Antoine Armand a jugé la proposition «intéressante» et «judicieuse». «On va avoir le débat, il faut regarder le détail», a-t-il ajouté, assurant que le gouvernement allait «étudier» cette piste qui va dans le sens de «travailler davantage».
La mise en application de cette mesure serait laissée à l’appréciation des entreprises ou des branches, insistent les sénateurs. «Ça peut se traduire par une journée par an, ça peut se traduire par 1h40 par mois», a indiqué Philippe Mouiller. «L’idée, c’est qu’il y ait un débat avec les partenaires sociaux sur la mise en application du principe», a précisé le sénateur. «Une totale souplesse sera laissée aux acteurs de terrain pour définir (ses modalités d’accomplissement) en fonction de leurs besoins et de leur organisation», soutient l’amendement, qui évoque une «contribution de solidarité par le travail».
En échange du bénéfice de ce travail «gratuit», les employeurs verraient leur contribution de solidarité pour l’autonomie versée à la Sécu passer de 0,3% à 0,6%. De quoi permettre à la Sécurité sociale de dégager environ 2,5 milliards d’euros supplémentaires, chiffrent les sénateurs, qui souhaitent voir ces ressources être affectées exclusivement à la branche autonomie. Et ce, «afin de l’aider à faire face à ses dépenses croissantes en matière d’aide aux personnes âgées dépendantes ou aux personnes en situation de handicap, dans un contexte de vieillissement inéluctable de la population française».